Saint Syméon

SAINT SYMÉON LE NOUVEAU THÉOLOGIEN
Sa vie
Syméon est né en 949 à Galate, petite ville d’Asie Mineure. Ses parents appartenaient à la noblesse provinciale. Son père le conduisit tout jeune à Constantinople afin de poursuivre ses études et de faire carrière à la cour. Il eut un premier contact avec le monastère de Stoudios où il fit la connaissance de Syméon le pieux (ou le studite) qui devint son père spirituel. Sa première grâce mystique fut suivie d’une période de relâchement qui dura six ans. « J’ai serré ma main et j’ai cru le saisir et le posséder, mais il échappa à ma main sans que je l’aie gardé. » Hymne 28. Il remplissait alors à la cour les fonctions de sénateur et de chambellan. Il raconte : « Peu à peu repris par la paresse et la négligence, je me laissai aller aux vices comme avant ou pis qu’avant. » Il fallut que Dieu intervint puissamment pour le tirer de « cette boue » Il entra au monastère de Stoudios en 977. On voulut le soustraire à l’influence de Syméon le pieux mais il refusa de quitter ce dernier et fut renvoyé. Son père spirituel le confia alors au monastère de Saint-Mamas et deux ans plus tard en 980 il en devint l’higoumène et fut ordonné prêtre. Il y restaura une vie austère et fervente. Mais son langage paraît trop dur, et la route, qu’il propose à travers ses catéchèses, trop exigeante, et après quinze ans de direction du monastère une révolte éclata. La communauté en fut profondément ébranlée. La mort de Syméon le pieux qui le soutenait dans cette tâche ardue, fut pour lui une dure épreuve. D’autres querelles éclatèrent comme celle concernant le culte qu’il rendait à son père spirituel, qui débouchèrent sur une condamnation à l’exil en 999, prononcée par le saint Synode. Il partit pour Paloukiton sur l’autre rive du Bosphore et s’établit près d’un oratoire dédié à sainte Marine. Réhabilité, le patriarche Sergios lui offrit de reprendre possession de son monastère en lui demandant de réduire les solennités de la fête de Syméon le pieux. Il répondit : « Ni monastère, ni richesse, ni gloire, ni rien de ce que poursuivent les hommes en cette vie ne me sépareront de l’amour de mon Christ et de mon père spirituel. » Syméon préféra donc retourner dans sa solitude où quelques moines le rejoignirent. De nombreux visiteurs vinrent chercher conseils et lumières auprès de l’exilé qui exerça une influence considérable jusqu’à sa mort en 1022.
Son œuvre
Syméon n’était pas un théologien spéculatif mais un ascète, un homme de prière, un mystique. Théologien il l’était pourtant et pleinement comme il ne cessait de le répéter que seuls peuvent parler de Dieu ceux qui sont illuminés par l’Esprit et contemplent la Lumière divine dans une vision spirituelle. Son enseignement se présente comme un témoignage personnel : « J’ai fait l’expérience de l’amour de Dieu pour les hommes. » Syméon n’a jamais songé à écrire son autobiographie mais dans ses Catéchèses, il multiplie les confidences soit pour encourager ses disciples, soit pour rendre grâces des faveurs dont le Seigneur l’a comblé, soit enfin pour prouver à ses adversaires qu’une union consciente avec Dieu est possible ici-bas. Dans les Hymnes, Syméon nous livre son expérience spirituelle en d’ardentes effusions. Son message garde toute sa force aujourd’hui ; il ouvre à tous les croyants la voie d’une authentique vie spirituelle.
« C’est cet Esprit qui, descendant sur vous, deviendra pour vous une piscine lumineuse, et en vous recevant dans son sein, d’une façon indicible, tout entier, vous rendra en lui-même, de corruptibles que vous êtes, incorruptibles, de mortels immortels, vous faisant renaître non plus fils des hommes mais fils de Dieu et dieux par adoption et par grâces. » Catéchèses 32
« Je t’aime Toi seul, moi qui ne t’ai pas encore aimé… » Hymne 12