Carême
Mercredi des Cendres
Le Dieu des dieux, le Seigneur a parlé, il a appelé la terre, de l'Orient à l'Occident. (Ps 49)
Ce texte arrive à point en ce premier jour de carême, car, vraiment toute la terre est convoquée à la conversion et à la pénitence. Avec la chute d’Adam et d’Ève le péché s’est installé dans le monde et l’a défiguré. Il faut désormais faire la route en sens inverse et avec la grâce magistrale qui nous est surabondamment donnée dans le Christ : retourner à Dieu, vaincre et éliminer ce péché latent et œuvrer par Christ à transfigurer le monde de telle sorte que tous les hommes deviennent de nouvelles créatures et que paraissent enfin ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre qui doit sortir des gémissements, des désirs et des aspirations universelles. Il faut se remémorer que nous sommes poussière et que nous retournerons en poussière. C’est pour redire au monde cette salutaire pensée et vérité que l’Éternel Dieu convoque la terre par le moyen de son Église. Toute cette journée est placée sous l’appel ardent de Dieu et située dans le sillon où il veut jeter sa semence, la semence de sa Parole vivifiante. Tout ce jour d’aujourd’hui est dominé par la convocation de Dieu, depuis tous les hommes et tous les animaux, jusqu’aux végétaux et minéraux et toutes créatures. Sommes-nous là, sommes-nous attentifs ? Sommes-nous disposés à entendre, à recueillir cet appel de Dieu et à y répondre avec générosité ? Jusqu’à ce jour nous avons assez expérimenté le néant et la vanité de cette existence terrestre et l’insuffisance ou la déception des êtres qui la peuplent. Nous savons, qu’en dernier ressort, le suprême asile, l’ultime consolation, le seul sur qui l’on puisse compter vraiment : c’est Dieu et Dieu Lui seul. Or, comment nous détournons-nous si facilement et si souvent du roc de notre assurance pour des mirages, des sables mouvants et des mers démontées ? Ô mystère de l’iniquité de l’homme !
Méditation de saint Tugdual, 3 mars 1965.